
Juste avant le milieu du 13e siècle, sur les rives du fleuve Otava, à environ 100 km au sud de Prague, les rois tchèques ont fondé le château et la ville de Písek. Ce nom lui a été donné en raison du sable aurifère, soigneusement lavé par nos ancêtres afin d´obtenir le métal précieux, grâce au quel on estimait à l´époque la valeur de toute marchandise. La première mention sur cette ville est relatée dans un document du roi Venceslas I datant de 1243. Grâce à l´exploitation de l´or, au commerce et à l´artisanat, la ville s´est très vite agrandie sous la bienveillance des souverains Přemysl Otakar II, Charles IV et Venceslas IV, lesquels en étaient souvent les hôtes. Dès la grande époque du moyen age, elle était la capitale d´une large région appelée Prácheň. Cette région couvrait une grande partie du sud-ouest de la Bohême. Avant le début des guerres hussites, la ville inclinait déjà du coté des défenseurs du Calice et dans les années 1419 - 52, elle avait même le statut de république hussite municipale indépendante. Jan Žižka de Trocnov le chef de guerre des Hussites y a séjourné, l´évêque des hussites Mikuláš Biskupec y avait son siège, et les réserves des biens de la ville étaient à la charge du préfet Matěj Louda de Chlumčany. Ainsi l´époque post-hussite représentait pour Písek une période de prospérité, illustrée par la construction d´immeubles coûteux et l´achat des propriétés municipales. Cette croissance prometteuse a été interrompue tout d´abord par des soulèvements non réussis contre les Habsbourgs dans les années 1546 - 47 et ensuite par la rébellion contre le souverain au début de la guerre de Trente ans. Dans les années 1619 - 20 la ville fut trois fois assiégée et trois fois vaincue. La troisième capitulation datant du 30 Septembre 1620 constitua une catastrophe absolue. Une grande partie des habitants est morte et les immeubles ont été mis à feu par l´armée des 'Habsbourgs. Un nouvel essor arriva tout doucement, étant ralenti par de nombreux incendies, d´épidémies et de passages d´armées, tel que le séjour de plusieurs mois des soldats français et bavarois dans les années 1741 - 42. Dès le 19e siècle la ville modifie entièrement son apparence, en s´élargissant hors des remparts et dans sa banlieue apparaissent de nouvelles rues et maisons. La langue tchèque est officialisée à l´hôtel de ville, des institutions culturelles sont instaurées ainsi que divers associations et Písek obtient la dénomination de ville de l´enseignement et des étudiants de même qu´elle est la Mecque des violonistes. Elle est également considérée comme ville dans une mer de forêt, c´est à dire un lieu recherché et apprécié des touristes. Actuellement le centre historique de Písek est déclaré zone historique.
Une oeuvre exceptionnelle de l´architecture des châteaux forts
tchèques. Il fut construit dans la deuxième moitié du 13e siècle
par les compagnons maçons de Písek-Zvíkov pour le roi tchèque
Přemysl Otakar II qui veilla personnellement à sa construction. Le
château est situé à la limite de la ville et son projet était de
grande envergure. La modeste cour était entourée de quatre ailes en
arcades avec trois tours de protection et avec des salles de
représentation, comprenant une chapelle et deux salles étendues,
situées au premier étage. La ville a acheté le château en 1509,
mais pendant les siècles suivants il fut dévasté et ses démolitions
et reconstructions successives ne nous permettent pas d´admirer la
beauté du château d´origine, qui a perdu toutes ses tours et les
trois ailes. Il ne reste désormais que l´aile ouest au-dessus du
fleuve Otava, dans laquelle une grande salle gothique, décorée de
copies des fresques datant de 1479 est accessible. Dans l´enceinte
de l´ancien château, siège de nos jours le musée de Prácheň, fondé
en 1884. Le musée possède une large collection illustrant
l´histoire et la nature de la région. Le musée a obtenu en 1996 le
titre prestigieux de Musée européen de l'année pour les
expositions, vues par des dizaines de millier de visiteurs chaque
année.
L´administration de la ville siège dans ce bâtiment représentatif de deux étages à façade baroque qui règne sur la Grande place. L´oeuvre datant de 1740 - 65 possède deux tours munies de chaque coté d´un cadran d'horloge et d´un fronton magnifique. Dans le tympan triangulaire se trouve l´emblème de la ville et au-dessus sur l´attique les vases baroques et les statues représentant la Justice, le Courage et la Patience. Une plaque commémorative est fixée sur la façade en l´honneur de deux personnages natifs de la ville, les humanistes Jan de Kocínet et Václav Hladič de Písek. A l´entrée du bâtiment se trouve à nouveau une plaque rendant hommage aux employés de la mairie, victimes du nazisme. A l´origine le bâtiment de l´hôtel de ville possédait comme la plupart des maisons de la place des voûtes de passage en arcade. Elles furent supprimées en 1845. C´est depuis le balcon situé sur l´hôtel de ville que fut déclaré en avance la création de la République Tchécoslovaque lors de la manifestation du 14 Octobre 1918. L´emblème de la ville en pierre d´origine provenant de l´ensemble des statues de la peste de la place Aleš est attaché au mur près de l´escalier principal.
Elle nous rappelle le monastère dominicain qui s´élevait au sud
de cette église dès les débuts de la ville jusqu´au 20 Août 1419
quand il fut détruit par les défenseurs du Calice locaux. Selon la
tradition, les moines furent jetés du rocher en direction du
fleuve, le monastère détruit et mis à feu. A sa place plusieurs
bâtiments ont été construits. Les ruines du monastère, i.e. de
l´église monacale à trois nefs ont été utilisées comme salines pour
la ville. De cette époque subsiste la remarquable façade
renaissance en sgraffite. Après l´époque de la Montagne blanche,
les catholiques désirant restaurer le monastère ont construit un
nouveau couvent mais de l´autre coté c´est à dire dans la direction
du château. Durant les guerres de l´héritage autrichien dans les
années 1741 - 42, le bâtiment a servi de lazaret pour l´armée
d´occupation. Quelques dizaines d´années plus tard, le monastère
fut aboli sous Joseph II et le bâtiment reconstruit et transformé
en tribunal et prison. Seule l´église de l´Élévation de la Ste
Croix est restée jusqu´a nos jours. Cette église en forme de croix
possède une orientation opposée à la normale, c´est à dire avec
l´autel situé vers l´ouest et non vers l´est. L´autel principal
date du début du 18e siècle et sous les dalles se trouvent deux
cryptes. La première provenant de la moitié du 17e siècle a été
construite pour les Švamberks, la deuxième créée en 1729 était
destinée à ensevelir les religieux. Dans la tour peu élevée se
trouvent deux cloches: la première cloche funéraire du fondeur de
cloches Brikcí de Cinperk datant de 1575, était initialement
destinée pour le cimetière de la Ste Trinité et la deuxième cloche
de St Dominique date de 1673.
Lors de la construction de la nouvelle ville au 13e siècle, les remparts furent surélevés. Il restait seulement trois portes pour accéder à la ville. La Porte de Prague en bas près du pont également appelée Porte basse, La Porte de Budějovice, aussi dénommée de Týn ou Porte haute située de l´autre coté à proximité de l´hôtel Dvořáček et enfin la Porte de Putim au sud-ouest. Toutes les portes furent démolies au 19e siècle. Tout d´abord celle de Putim, durant les années 1812 - 36. Elle se trouvait accolé aux fronts de la maisons «Aux boulets» et de la maison «Au boulet d´or». La porte est généralement connue grâce à la chanson d´étudiants « Quand j´ai passé par la Porte de Putim ». Deux têtes de filles en relief citées dans la chanson se trouvent sur la façade d´une maison près de l´escalier en pierre sous la Porte. Lors de la démolition de la Porte, des boulets de canon furent découvert dans la façade, lui donnant son nom. La maison «Aux Boulets» n´est pas seulement décorée d´ornements en sgraffite découverts et restaurés il n´y a pas si long temps, mais elle possède également une riche histoire littéraire. Dans celle-ci ont séjourné le poète Adolf Heyduk, l´écrivain Josef Holeček durant ses études et surtout l´habitant le plus célèbre de cette maison, le poète et écrivain Fráňa Šrámek, dont les années de son enfance et de sa jeunesse passées ici l´ont inspiré pour écrire le roman «Le vent argenté» et «La lune sur le fleuve». La maison et ses environs ou Písek en général, ont été le lieu de tournage par le réalisateur et natif de la ville Václav Krška de ces deux oeuvres de Šrámek. Actuellement dans cette maison restaurée, siège l´école des arts et dans sa cour se trouve un monument commémorant le pédagogue en jeu de violon Otakar Ševčík, dont l´école porte le nom. Le bastion devant la Porte de Putim est décorée par un drapeau aux couleurs bleue et jaune de Písek. Le pont situé devant la Porte ainsi qu´une partie du faussé du château furent restaurés en 2006.
C´est un bâtiment à trois nefs datant de la deuxième moitié du 13e siècle, et possédant à l´origine deux clochers d´une hauteur identique. L´un fut agrandi en 1489 pour atteindre actuellement 70 mètres. L´église paroissiale est comme le château, le pont et d´autres bâtiments de la ville parmi les plus anciens, l´oeuvre des compagnons maçons de Písek-Zvíkov. Par contre les frontons renaissance de la partie nord datent du 16e siècle. A l´intérieur de l´église sur les piliers sont disposées des fresques de style roman tardif et gothique précoce. Sur un des autels latéraux est installé le tableau de la Madone de Písek, une oeuvre du 14e siècle. Elle a joué un rôle important dans l´histoire de la ville. Malheureusement l´original de ce tableau a été volé en 1975 et on y trouve désormais seulement sa copie. Dans les années 80 du 19e siècle, les habitants de Písek ont remplacé le mobilier baroque par un mobilier en style nouveau gothique. La chapelle de St Jean Népomucene datant du 18e siècle accolée à l´église possède une représentation de la ville réalisée en 1742. La statue du Saint est situé dans la niche de la façade extérieure de la chapelle. Sur le clocher se trouve à une hauteur de 42 m un déambulatoire inaccessible au public avec une pièce bien conservée pour le gardien de tour dans laquelle est placé le mécanisme de l´horloge. Il dirige l´horloge aux quatre grands cadrans, pour lesquels afin de diminuer les contraintes mécaniques la taille des aiguilles a été inversée: la petite indique les minutes et la grande les heures. Quatre nouvelles cloches ont été installées en-dessous de la pièce - St Venceslas, St Cyril et Métode, la Vierge Marie et le réformateur Jan Hus. Les cloches sont l´oeuvre de Marie Tomášková - Dytrychová de Brodek u Přerova et datent des années 1991 - 2.
Situé à proximité de l´ancienne Porte de Budějovice, il fut construit en 1899 par un pharmacien local Rudolf Dvořáček et fut l´un des hôtels les plus luxueux de la Bohême du sud. La décoration de la façade a été confiée au peintre national Mikoláš Aleš, né à Mirotice, non loin de Písek, qui étudia à Písek au collège et au lycée et parallèlement la décoration intérieure de bâtiments. Mikoláš Aleš a réalisé onze esquisses pour le pharmacien Dvořáček, qui ont été mises en ornements sgraffite dans une bande entre les fenêtres du premier et du deuxième étage par le peintre Josef Bosáček. Les fresques ont pour sujets (en partant de la gauche): le lavage de l´or sur le fleuve Otava, le préfet hussite Matěj Louda de Chlumčany sur le pont en pierre, le tournoi de chevaliers au château de Písek, la conquête de la ville lors de la guerre de Trente ans, une allégorie de chasse, l´apothéose de l´emblème de la ville, la bataille près de Čížová, la fête de la ville, les villageois de la région de Písek, les étudiants de Písek saluant le château de Zvíkov et les radeaux sur le fleuve Otava. Dans le premier tiers du 20e siècle siégeait dans cet hôtel, la célèbre école internationale de violon dirigée par le professeur Otakar Ševčík. Le nom d´origine de l´hôtel «A l´archiduc Franz Ferdinand» ne s´est pas imposé et l´hôtel était le plus souvent appelé «Hotel Dvořáček». Durant le socialisme, il reçu le nom d´hôtel «Otava» et à cette époque, il perdit sa fonction initiale.
La place Aleš ou la Petite place était probablement la place principale de Písek médiévale. A l´endroit où se trouve aujourd'hui une boucherie était autrefois une jolie maison gothique, habitée par l´adjoint au roi - le bailli. A l´emplacement de la maison sur laquelle se trouve une plaque commémorant J. A. Komenský qui est le bâtiment conservé d´une école, le plus ancien de la ville, se trouvait autrefois un Lycée. La maison à coté était un hôtel connu appelé « A la roue doré » qui était un haut-lieu culturel de bals et de divertissements. En 1900, Václav Krška, réalisateur de film et de théâtre est né dans une des maisons qui furent démolies plus tard pour donner place à une banque. Au centre de la place se trouve l´ensemble des statues de la peste de la vierge Marie, qui commémore la dernière grande épidémie de peste en Bohême en 1713. Son centre est formé par une colonne avec à sa tête la statue de la Vierge Marie immaculée. Sur la balustrade rectangulaire sont placées les statues des Saints (en partant de la droite de la grille d´entrée): St Roch, St Venceslas, St Laurent, Ste Barbe, St François-Xavier, Pie V, Ste Maire Madeleine, St Joseph, St Sébastien. En-dessous de la copie de l´emblème de la ville avec l´indication de l´an 1715, placée sur la colonne, se trouve la copie de la sculpture de la Ste Rosalie. L´auteur de cet ensemble de statues est le sculpteur Christian Widemann de Plzeň, lequel travailla sur cette oeuvre avec le tailleur de pierre de Horažďovice František Zeber. Autrefois, chaque premier dimanche suivant le 8 juin, une procession dénommée Fête de la ville se dirigeait vers cet ensemble de statues pour commémorer la libération de la ville de l´occupation française de 1742.
Il est apparu dans les années quarante du 19e siècle à la place des anciennes douves entourant les fortifications de la ville. A la mémoire de son fondateur, le préfet départemental Schrenk, le pavillon en style empire fut construit en 1841, avec à l´intérieur un cryptogramme au nom de Schrenk. A son coté se trouve le monument de l´historien et politicien František Palacký (1886), plus loin le monument du poète Adolf Heyduk (1935) et une copie de la sculpture baroque de Neptune (1771), qui auparavant décorait une fontaine de la Grande place. Celle-ci a été supprimé lors de l´installation de la conduite d'eau en 1901. Dans ce parc vous pouvez également visiter le célèbre restaurant «U Reinerů», débit de bière depuis 1844. Dans cette même maison demeura pendant plus d´une vingtaine d´années le poète Adolf Heyduk, qui s´est marié avec la fille du propriétaire du restaurant. En face de ce restaurant se trouve le théâtre Fráňa Šrámek. La promenade dans le parc, sur la quelle se trouve le pavillon de musique en forme de coquille, restauré en 2006, se termine par le bâtiment de la poste. A partir de Palackého sady, vous pouvez accéder à la rue Tyršova où se trouve le bâtiment de l´association sportive Sokol datant de 1896 et la maison d´Adolf Heyduk (1835 - 1923), un membre du groupe de mai. Cette maison fut construite en 1900 selon les plans de l´architecte Jan Koula dans un style nouveau-renaissance. A l´intérieur se trouvent une partie conservée de l´appartement de Heyduk: son cabinet de travail, la salle à manger et la salle de séjour aménagés comme ils l´étaient à l´origine. Adolf Heyduk, personnage important de la communauté littéraire tchèque de la deuxième moitie du 19e siècle, ainsi qu´un habitant important de la ville de Písek est enterré au cimetière de Vyšehrad à Prague.
Písek fut la première ville en Bohême à posséder l´éclairage électrique publique. Il a été installé par František Křižík, technicien en électricité d´origine tchèque le 23 Juin 1887 lorsqu´ il alluma plusieurs lampes à arc au centre de la ville. L´année suivante l´éclairage a été élargi et le moteur locomobile provisoire a été remplacé par une centrale hydroélectrique, la première du pays, construite par les habitants d´un vieux moulin au bord de la rivière Otava. Au début une roue à eau faisait tourner la dynamo, qui a été remplacé par deux turbines Francis en 1901. En 1994 ces deux turbines ont été restaurées et l´ancien aménagement technique a été remis en marche pour produire du courant électrique distribué dans le réseau. En 1997 un petit musée de l´éclairage de la ville y fut créé. Les visiteurs peuvent se familiariser avec l´histoire de l´électricité à Písek, mais également admirer une ancienne installation en état de marche.
La ville de Písek se targue de posséder le plus vieux pont conservé en Bohème. Il fut construit certainement avant la fin du 13e siècle par les compagnons maçons de Písek-Zvíkov. Il a sept arcades, 110 m de longueur et 6,5 m de largeur. Auparavant il était muni de deux tours de protection à ses deux extrémités. Celle de la rive gauche a été victime des inondations en 1768, l´autre a été démolie en raison de la hausse du trafic en 1849. Le pont est décoré par des copies des sculptures baroques - St Jean Népomucene avec les anges, Ste Anne, St Antoine de Padoue et un calvaire. Seul Jesus sur la croix, oeuvre de l´étainier local Václav Hanzl datant de 1791 est d´origine. Le pont est un monument historique classé. Au cours des siècles il eu à faire face à de nombreuses inondations, comme par exemple en 1432, quand l´eau passait au-dessus et avalait la balustrade. Une grande inondation en hiver 1768 causée par l´accumulation de glace lors du brusque dégel n´arracha pas seulement la tour de la rive gauche comme évoqué auparavant, mais a également endommagé les arcs. Une très grave inondation a touché la ville en Août 2002. Le niveau du fleuve est monté d´environ 8,5 m et le débit de l´eau augmenta plus de cinquante fois. Le pont a été submergé et ses balustrades en pierre se sont retrouvées dans le lit du fleuve. La reconstruction fut réalisée immédiatement après la décrue et le pont resplendit à nouveau.
Le cimetière de la ville était à l´origine situé autour de l´église décanale. En 1549 les habitants de Písek fondèrent un nouveau site pour enterrer les morts de l´autre coté du fleuve, sur une parcelle offerte par le roi. Pour des raisons funéraires, l´église de la Ste Trinité y fut construite en 1576. Dans le clocher, situé de façon isolée non loin d´une entrée du cimetière, une cloche funéraire qui est l´oeuvre de Brikcí de Cimperk a été suspendue. Quand le cimetière fut supprimé, elle a tout d´abord été déplacée dans le clocher de l´église décanale et elle est placée désormais dans le clocher de l´Élévation de la Ste Croix. La porte sud de l´église de la Ste Trinité possède une magnifique décoration de style renaissance avec des inscriptions relatant la fondation du cimetière et de l´église. De nos jours, se déroulent dans l´église des concerts et des activités spirituelles. A cet effet, se trouve un orgue de qualité et des fauteuils confortables. De l´installation d´origine ne subsiste que la prêche en bois de style renaissance. A l´intérieur sont exposés les originaux des statues baroques provenant du pont. Après l´édification du cimetière de la forêt dans les années trente du 20e siècle, l´enceinte de la Sainte-trinité a été recouverte au fur et à mesure et en 1949 totalement supprimée. Au milieu des années 70, il fut remplacé par un parc solennel. Les tombes des personnalités régionales ont été marquées par des panneaux et les pierres funéraires remarquables de part leur architecture sont restées en place. A cet endroit sont par exemple enterrés l´historien August Sedláček et le pédagogue de violon Otakar Ševčík.
La numérotation des maisons ne fut instaurée qu´en 1770. Jusqu´à cette date les maisons étaient dénommées en fonction de leur propriétaire ou de leur enseignes. C´était une question d´honneur pour les propriétaires des maisons d´avoir leur façades ornées de peintures, de fresques ou de reliefs voir par des objets concrets qui évoquaient leur propriétaire ou son métier, un événement particulier ou qui avaient tout simplement un but décoratif. Il reste à Písek plusieurs dizaines d´enseignes qui ont été conservés. Nous ne vous en présentons que quelque exemples.
Maison «A l´éléphant»
Une des enseignes la plus connue de Písek, se trouve sur la façade
d´une maison située en face du vieux pont. Autrefois il y avait une
auberge et dans cette maison habitait également le gardien de la
Porte de Prague qui se trouvait juste à coté. Cet immeuble de style
classique a été construit sur l´emplacement des anciennes douves du
château.
Maison «Au bateau doré»
Maison à
l´embouchure de la rue Karlova sur la grande place possède une
façade baroque tardif exceptionnelle. Entre les fenêtres du premier
et deuxième étage se trouve une enseigne en relief d´un bateau.
Maison «Aux deniers d´argent»
Dans le plus
vieux quartier de la ville appelé Drlíčov se trouve cette maison à
deux étages avec une mansarde sous les combes possédant une façade
intéressante datant de 1940. On peut y admirer les armes de 5
villes de la région de Prácheň: Strakonice, Blatná, Písek, Vodňany
et Sušice. Au-dessus des fenêtres du premier étage est peint un
panorama de la ville de Písek et un plan de son centre historique
avec un extrait de la chanson «Quand je suis passé par la Porte de
Putim». Entre les fenêtres sont présentés les deux faces d´un ducat
d´or du souverain tchèque Charles IV. Au-dessus de la porte
d´entrée de la maison se trouve l´enseigne de la maison indiquant
de façon erroné «Aux deniers d´argent». Dans cette maison est né en
1845 l´historien de la ville de Písek Jan Matzner.
Maison «Au bélier blanc»
Une magnifique enseigne sur une maison à façade baroque située dans
le quartier Drlíčov non loin de l´église décanale. Cette maison fut
récemment restaurée avec soin.
A l´emplacement des anciennes douves du château, le commandement du onzième régiment d´infanterie fit construire en 1861 le premier véritable monument aux morts de Písek. Son auteur fut le sculpteur pragois Emanuel Max. Le lion debout sur un drapeau militaire étendu devait symboliser la mort héroïque de 872 soldats du régiment de Písek qui ont combattu avec bravoure et sont tombés dans le nord de l´Italie lors des batailles de Melagnano (8 Juin 1859) et de Solferino (24 Juin). Les deux serpents, sur lesquels marche le lion représentent les ennemis de l´Autriche de cette guerre: la Sardaigne et la France. Le régiment de Písek s´est particulièrement illustré à la bataille de Melegnano. Les soldats qui survécurent à cet enfer durent participer à une bataille plus grande encore à Solferino qui reste dans l´histoire comme étant à l´origine de la création de la croix rouge internationale. Après 1918, les habitants de Písek ont voulu supprimer ce monument car il glorifiait la monarchie très impopulaire mais à la fin ils se contentèrent de la correction du texte sur la plaque.
Le haras, qui dressaient des chevaux de qualité dont dépendaient fortement l´armée était situé sur l´ancien emplacement de la cour de Švantl non loin de l´ancienne brasserie de la ville. Du fait que sa capacité était limitée, il fut construit en 1902 un nouveau haras de prestige à la limite de la ville en direction de České Budějovice. Du haras de Písek est issu le légendaire cheval Ardo qui devint le modèle du sculpteur J.V. Myslbek pour la statue de Saint Venceslas sur la Place Venceslas à Prague. Une étude de Myslbek se dresse dans la cour intérieur du haras dans laquelle se tiennent régulièrement des ventes aux enchères de chevaux.
La chapelle appelée communément chapelle de Budějovice, est consacrée à la Sainte Vierge aux épis également Sainte Vierge de Budějovice (l´original de la statue se trouve exposé dans le musée de Prácheň, sa copie dans la chapelle). A la fin de l´année 1741, a eu lieu à cet endroit une bataille entre soldats autrichiens et français. Les français en sous-nombre y ont été pris au piège et ont succombé. Une plaque commémorative en Tchèque et en Français placée sur le mur extérieur de la chapelle rappelle cet événement. Le 12 Décembre 1974, la chapelle qui empêchait l´élargissement de la rue au croisement a été déplacée d´un bloc sur une distance d´environ 7 mètres. Ce déplacement a été réalisé par la société Transfera Praha qui a récemment effectué de manière similaire le déplacement de l´église gothique de la ville de Most.
L´installation de la statue de Saint Florian sur la place appelée « claironnement de la chèvre » a été achevée par les habitants mêmes de ce quartier en 1735. La statue de ce saint représentant le patron des pompiers et des charbonniers, a tout d´abord été placée au centre de la petite place, mais plus tard les habitants de Písek ont du la déplacée à cause du fort passage à cet endroit. Depuis peu, elle se retrouve à nouveau à peu près à son emplacement d´origine. Cette statue a donné un nouveau nom à cette place, dénommée depuis la place «Floriánské». Ce n´est qu´en 1900 que la place reçu le nom officiel de «Havlíčkovo», mais celui d´origine selon le patron populaire lui est resté jusqu´à nos jours.
Dans cette ancienne maison gothique possédant une cave intéressante se trouve aujourd'hui la bibliothèque de la ville, fondée dès 1841 comme une des premières bibliothèques publiques en Bohême. Le bâtiment possède un fronton avancé de style classique, décoré par des vases.
A l´emplacement de l´ancienne auberge «Au corbeau noir», démolie en 1888, fut construit dans les années 1889 - 90 un palais de style néo-renaissance pour les locaux de la Caisse d´épargne de Písek. L´immeuble terminé par une tourelle cylindrique est décore par des sgraffites et des peintures murales de personnages allégoriques réalisées par le peintre A. Liebscher. Aujourd'hui cet immeuble, appelé «Au corbeau noir» comme son prédécesseur est utilisé comme pharmacie et comme policlinique.
La rue Jungmannova, autrefois appelée «Dobytčí» (rue de l'abattoir), et plus tard «Široká» (rue large) a toujours attiré les bourgeois pour y construire les maisons les plus luxueuses. Ainsi les immeubles n° 31 et 32 accolés l'un à l´autre furent a l´origine de style gothique mais sont aujourd'hui de style baroque. Les deux maisons possédaient des voûtes de passage en arcades, mais seulement une seule les a conservé. Celle-ci possède en plus une statue polychrome de St Jean Népomucene placée dans la niche vitrée entre les fenêtres du premier étage.
La communauté juive qui ne représentait qu´un petit pourcentage des habitants de Písek a construit, en 1871, entre les rues Smetanova et Soukenická une synagogue de grande taille. Ce lieu de culte fut fermé lors de l´occupation allemande et ne fut pas reouvert après la guerre. Le cimetière juif qui se trouve à la limite nord-ouest de la ville suivit le même sort. Parmi les personnes qui y sont enterrées, on trouve la compagne du compositeur Leoš Janáček - Kamila Stösslová et le poète Richard Weiner dont la dépouille a été, en 1987, transférée au cimetière de la forêt, où elle a été solennellement ensevelie au panthéon Slavín de Písek (cimetière de personnalités importantes). Le cimetière juif, étant très endommagé, il fut l´objet d´une restauration au début des années 90 du 20e siècle.
Depuis l'origine, la ville de Pisek a été dotée du droit de
brassage de la bière. Il était permis aux citadins de brasser et de
débiter de la bière. Au début, presque tout le monde brassait la
bière dans sa maison mais plus tard, les propriétaires des maisons
se sont regroupés et ont crée la société nommée « Pravovarecne
mestanstvo ». En fait à cette époque, il existait déjà dans la
partie sud du château une brasserie fondée vers 1625 par le
propriétaire d'engagement de la ville Martin de Hoeff Huerta. La
société « Pravovarne mestanstvo » a commencé à exploiter cette
brasserie, elle l'a modernisé et agrandit. Quand en 1860, la
dernière des trois tours de l'ancien château s'est effondrée, les
membres de lq société ont utilisé l'espace libéré, acheté d'autres
terrains et ils ont fait construire le vaste bâtiment de la
malterie. La première pierre a été posée le 5 juillet 1862 et la
construction a duré deux ans. Vingt ans plus tard, la brasserie a
été transférée du château vers un autre endroit mais la malterie a
continué de fabriquer du malt dans le bâtiment d'origine même après
la suppression de la brasserie en 1952. En 1970, on y produisait
encore plus de mille tonnes de malt pour la brasserie de Protivin
néanmoins trois ans plus tard, l'activité a été définitivement
arrêtée. Le bâtiment a servit dans en premier temps d'entrepôt de
textile puis pendants longtemps, on lui a cherché sa nouvelle
fonction. La reconstruction et la réhabilitation de la première
tranche du bâtiment ont été finies en automne 2007. Tout le
batiment sert à divers usages culturels et sociaux.
Le programme porteur est formé par trois expositions permanentes du
Centre d'illustration pour les enfants, dans l'une des salles une
nouvelle exposition du Musée de Prachen est en train de
naître.
File date: 13.1.2009

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